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Couche royale
Par Didier Arnaud
Un produit, un objet ou un service testé par nos soins
C'est un lit royal. Moelleux. Enveloppant. Il s'appelle le Sleepeezee
(approximativement «dormez à l'aise»). C'est
la brochure qui le dit. L'objet, so british, est :
1. «Réalisé selon le cahier des charges»
de Buckingham Palace (lits en grande largeur, même pour une
place, matelas à ressorts, vérifié par le premier
majordome de la reine).
2. «Approuvé» par la reine.
3. «Capitonné à l'ancienne et bénéficiant
de tout le confort moderne.»
Il est aussi suprêmement kitsch. 2 400 ressorts, des tiroirs
de rangement, un matelas à deux faces (côté
hiver, laine et cashmere ; côté été,
coton). Et huit poignées pour changer de saison et retourner
l'engin. On s'allonge
- il y a une petite alèze en plastique pour les pieds. «A
la fois ferme et confortable», souffle l'attachée de
presse. Elle explique : «Les parties pleines - épaules,
hanches - doivent rentrer dans le matelas pour maintenir les parties
creuses.» Elle ajoute : «Confortable ne veut pas dire
mou.» On redescend sur terre : on dort quand même à
58 cm du sol. On se disloque moins facilement en sortant de son
lit.
Pour se payer le plumard de Sa Majesté, il ne faut pas être
endormi. En 180 x 200, compter 6 600 euros... Heureusement le Lit
national, qui le distribue, propose des alternatives artisanales.
Ils s'appellent Hypnos, Maxim-Reve, ou King Laine. Avec le King,
on s'approche de son altesse. C'est - un peu - plus abordable. 4
500 euros pour un 180 x 200. Sur celui-ci ou ceux-là, mal
dormir serait vraiment une faute de goût.
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